The Sixth Gun


Alors que le continent américain se remet difficilement des blessures de la Guerre Civile, d'inquiétants individus sillonnent le Grand Ouest à la recherche de six pistolets maudits détenant à eux seuls assez de puissance pour mettre fin à l'humanité. Parmi eux, le général confédéré Oleander Hume, créature suspendue entre la vie et la mort, attend dans son cercueil le jour où il pourra enfin remettre la main sur l'un de ces artefacts. Pour l'heure, son épouse et quatre de ses cavaliers les plus fidèles ont retrouvé la trace de l'une de ces armes entre les mains de Becky Montcrief, jeune femme cherchant à venger la mort de son père.

La première des choses qui frappent à la lecture de the Sixth gun, c'est cet univers à la frontière des genres, à mi chemin entre le western et le surnaturel. La quête, elle, rappelle tout de suite les grands classiques de l'heroic fantasy (recherche ou défense d'un objet de convoitise et de pouvoir & constitution d'une équipe de personnages hétéroclites poursuivant un but commun pour des raisons différentes). Ensuite c'est le rythme: On assiste ici à une entrée en matière rapide dans l'action et dans la progression de l'histoire, à la manière d'un bon vieux blockbuster hollywoodien. Les personnages sont soignés et plutôt cohérents, l'anti-héros Drake Sinclair est crédible dans le rôle du type qui en sais un peu plus que les autres et qui doit se taper le sale boulot. Chaque personnage a son moment, et l'action ne reste pas centré uniquement sur lui.  Plus l'histoire avance, plus on se prend au jeu, un peu comme dans une bonne série télé, ici entre les mystères de l'ouest et un X-files spécial vaudou et fantômes. Les deux albums sont construits en story arc de 5 épisodes chacun, ce qui a pour conséquence de renforcer cette effet de feuilleton, et le tout est tellement agréable à parcourir que la seule inquiétude qui me vienne à l'esprit est que la qualité perdure sur la durée dans les albums suivants.

 Agréable et prenant

J'avais des sérieux doute sur le scénariste avant de commencer cette histoire, en effet Cullen Bunn n'est vraiment pas pour moi une référence, je restais sur une prestation insipide sur la série Defenders et une autre quelconque lorsqu'il avait pris la suite de Rick Remender sur Venom (pour être plus précis j'avais même plutôt l'impression qu'il avait foutu en l'air tout l'excellent travail de son prédécesseur). Par contre, mes souvenirs de Brian Hurtt avait beau se limiter à l'excellente mini série Hard Time ( non traduite à ce jour en France, avis aux amateurs), je savais que la partie graphique me plairait: son trait simple et rafraîchissant, à la limite du cartoon , est très différent des autres dessinateurs et colle parfaitement à l'ambiance de cette série (avec une mention spéciale au tome deux, dont l'action se situe à la Nouvelle Orléans). Au final, alors que je n'ai pas été déçu par les illustrations de Hurtt (néanmoins plus belles que dans mes souvenirs) j'ai été très agréablement surpris par l'écriture de Bunn. On a vraiment ce sentiment qu'on plonge dans son univers narratif propre et la différence est évidente: il s'éclate à nous livrer cette histoire et tout cela fait plaisir à voir!

Pour ceux qui aiment les histoires de cow-boys zombies, de généraux confédérés sataniques, d'armes maudites, de forts assiégés...

Bilan sur The Sixth Gun

La grande force du récit comics de Bunn est de rester à chaque moment fidèle à sa ligne de départ, jamais il n'est trop ni pas assez, on en prend plein les mirettes, on est conquis par le rythme effréné de l'histoire et l'envie d'en connaitre sa conclusion. Une vraie bonne surprise. Le trip est total avec un slip aux couleurs des confédérés et de la musique country dans les oreilles.